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L’industrie aéronautique mise sur l’alternance

En 2017, les entreprises de la filière aéronautique et spatiale prévoient de recruter 8.000 personnes, avec toujours autant de difficultés dans les métiers de la production que les années précédentes. D’où leur investissement dans la formation et plus particulièrement dans l’apprentissage. Fin 2016, elles comptaient 6.000 alternants.

Sur un total de près de 600 élèves, le CFA des métiers de l'aérien comptait à la rentrée 2017, 498 apprentis dont plus de la moitié dans les métiers techniques. © AFMAé

« Il est temps que la France arrête d’envoyer dans les filières professionnelles ceux qu’elle considère en échec », déclare Patrick Daher, Président du Groupe des Equipements (GEAD) du GIFAS. Malgré les efforts de la profession pour promouvoir les métiers de l’aéronautique, et les valoriser auprès des jeunes et de leurs familles, les difficultés de recrutement demeurent. Les entreprises ont d’autant plus de mal à recruter que les besoins vont croissant.

8.000 recrutements prévus en 2017

Même si en 2017, le secteur ne prévoit pas de créer de nouveaux postes, il va néanmoins avoir besoin de 8.000 personnes pour compenser les départs. Sur les cinq dernières années, il a effectué pas moins de 60.000 recrutements. « Pour la onzième année consécutive, 2016 aura été une année de recrutement pour la profession qui reste particulièrement soucieuse de pourvoir les métiers de production actuellement sous tension. », souligne Marwan Lahoud, président du GIFAS.

En 2017, le secteur maintiendra donc un niveau élevé d’embauches. « Les perspectives de croissance à l’horizon 2020, tant pour le civil que le militaire, justifient donc la mobilisation conjointe des pouvoirs publics et des acteurs de la filière aérospatiale en faveur de l’emploi et de la formation », affirme-t-il. Le salon du Bourget qui se tiendra du 19 au 25 juin 2017 est une excellente tribune.

Un salaire annuel moyen à 50.000 €

Le GIFAS reconduit l’opération « l’avion des métiers » qui offrira la possibilité aux visiteurs, et en particulier, aux plus jeunes, lors des trois journées grand public des 23, 24 et 25 juin 2017, de découvrir des opportunités de carrières professionnelles insoupçonnées. Comme lors de la précédente édition, des salariés des entreprises viendront présenter une quarantaine de métiers différents. « En 2017, nous ne nous limiterons pas seulement aux métiers de la production, mais nous élargirons le panel à tous les métiers », précise Pierre Bourlot, directeur général du GIFAS, qui souligne au passage que « le salaire moyen de l’industrie aéronautique est de 50.000 euros par an ».

A proximité immédiate de l’avion des métiers, se trouvera aussi cette année, l’espace Emploi-Formation. Les jeunes et les familles pourront y trouver les réponses à leurs questions d’orientation et de cursus scolaire. Il s’agit là d’une opportunité unique de s’informer sur toutes les possibilités offertes par la profession et en particulier sur les formations par alternance.

Mettre l’offre en adéquation avec la demande

Dans l’aéronautique, l’apprentissage est en nette progression avec près de 6.000 jeunes en alternance début 2016 (+50% par rapport à 2010). Du CAP au diplôme d’ingénieur, tous les niveaux sont concernés, et l’alternance est aussi le meilleur moyen d’accéder au niveau supérieur. Ce que confirme Muriel Caristan, directrice du CFA des métiers de l’aérien : « 30% des élèves de BAC Pro poursuivent leurs études et près de la moitié des apprentis en BTS aéro continuent en Licence pro, voire en école d’ingénieur ».

En France l’alternance est encore trop souvent un choix par défaut, alors qu’en Allemagne, par exemple, elle est la voie normale. « Le jeune découvre le monde du travail plus tôt et au moment de rechercher un emploi, il possède déjà une expérience professionnelle de plusieurs années ».

Promouvoir l’alternance

« En termes d’alternance, nous sommes au maximum de ce que nous pouvons faire » affirme le président du GIFAS. « Pour aller plus loin, il faudrait de nouvelles mesures réglementaires ». Il faut notamment réduire le coût de la formation par alternance pour les entreprises. « Cette offre n’est pas assez compétitive. Il faut aussi mettre en regard l’offre et la demande ». Et cela, ne peut pas se faire au seul niveau du GIFAS. Les ministères concernés doivent aussi s’impliquer.

De ce point de vue, les régions le sont. « Un gros travail est fait notamment en Nouvelle Aquitaine, en Occitanie ou encore dans les Hauts de France et bien sur en Ile-de-France pour mettre en adéquation les besoins des entreprises et l’offre des organismes de formation », souligne Eric Trappier, président de Dassault Aviation et premier vice-président du GIFAS. C’est ainsi, par exemple, que huit régions expérimentent depuis début 2017, le report de l’âge limite de l’apprentissage de 25 à 30 ans.

En partenariat avec les établissements de formation relevant de la compétence des régions, la profession mène dans les territoires des actions d’information pour renforcer la visibilité des emplois industriels. Elle investit également dans des moyens modernes de formation professionnelle.

Le casse-tête du recrutement

Malgré tous ces efforts et malgré les opportunités d’emploi, les centres de formation peinent à remplir leurs classes. La journée portes ouvertes organisée fin mars 2017 par le CFA des métiers de l’aérien a attiré deux fois moins de visiteurs que les années précédentes, et les dossiers de candidatures pour la rentrée 2017-2018 arrivent plus lentement aussi. Le GIFAS doit se poser des questions. L’avion des métiers n’est peut-être pas la bonne solution.

Et si chacun à son niveau, dans son entourage proche, auprès des jeunes qu’il côtoie faisait ce travail d’information. Combien de vocations ou d’orientations professionnelles sont nées d’une simple rencontre ?

En attendant, le CFA des métiers a décidé d’aller dans les facs de langues pour proposer sa formation en alternance « Accueil dans les transports ». Certes, celle-ci se situe au niveau inférieur du Bac, mais une Mention complémentaire avec un emploi à la clé, est peut-être préférable à un aller simple pour le Pôle Emploi, avec une licence en poche. Ce qui fonctionne pour le tertiaire, pourrait aussi marcher pour le technique. Il est temps de se débarrasser de ses apriori.

Gil Roy

A propos de Gil Roy

Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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