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L’AIBN demande à Airbus Helicopters une modification sur le Super Puma
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Le rapport final sur l'accident mortel d'un H225 Super Puma en Norvège, en avril 2016, porte le fer dans la plaie. Les enquêteurs recommandent à Airbus Helicopters de modifier la boîte de transmission principale (BTP) des Super Puma H225 et AS332 L2. L'Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) exprime des divergences, tandis qu'Airbus s'engage sur la voie d'une amélioration via le suivi vibratoire.

9.07.2018

Les deux moteurs, une grande partie de la boîte de transmission principale et la tête rotor, tels que reconstitués par les enquêteurs du crash du H225 Super Puma opéré par CHC. © AIBN

L’origine de l’accident est confirmée : un minuscule creux par enlèvement de matière à la surface d’un pignon satellite. Confirmée mais « pas complètement comprise » : les enquêteurs norvégiens de l’AIBN s’interrogent toujours sur le mode de défaillance. Les criques (fêlures) se sont propagées sous la surface et en produisant très peu d’écailles.

L’AIBN exclut formellement toute erreur de maintenance ou de pilotage.

Intégrité structurale

La recommandation la plus spectaculaire porte sur « une conception revue afin d’améliorer la robustesse, la fiabilité et la sécurité de la BTP sur AS332 L2 et H225 ». Un pignon satellite est une pièce critique où la ligne de charge est unique, par opposition à un agencement où l’effort peut suivre plusieurs chemins. Un tel dessin ne devrait pas compromettre l’intégrité structurale de la BTP, estime l’AIBN. En parallèle, l’AESA devrait mettre au point une norme d’homologation garantissant que la défaillance d’un composant interne de la BTP ne conduit pas à une catastrophe, recommande l’AIBN.

Airbus affirme travailler sur des « améliorations » de la BTP du H225. Elles ne sont pas assez mûres pour être annoncées, indique le constructeur. Il révèle toutefois étudier une utilisation élargie du système HUMS de suivi vibratoire. Davantage de capteurs, associés à de nouveaux algorithmes et à un traitement plus performant des données : ce serait la recette pour détecter plus tôt un éventuel problème.

La modification demandée par l’AIBN est d’autant plus importante pour les enquêteurs qu’ils insistent sur la ressemblance de cet accident avec celui d’un autre Super Puma en 2009. « Les mesures prises par la suite n’ont pas suffi à prévenir la perte en vol d’un rotor principal de plus », s’agace l’AIBN. L’AESA répond avoir agi en fonction de ce qui était connu à l’époque. Or certaines pièces n’avaient pas été retrouvées. Aucun micro-trou n’avait été identifié. Le rapport de l’AIBN comporte « de nombreuses opinions et hypothèses », avance l’AESA.

Dégradations prématurée

Autre recommandation : examiner de façon systématique les pièces remplacées prématurément pour cause de dégradation. Les enquêteurs ont en effet découvert que seule une minorité des pignons satellites de la BTP atteignaient la durée de vie prévue. Or Airbus n’a pas analysé les causes de cet important taux de rebut, affirme l’AIBN.

Thierry Dubois

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A propos de Thierry Dubois

chez Aerobuzz.fr
Thierry Dubois est journaliste aéronautique depuis 1997. Ingénieur Enseeiht, il s’est spécialisé dans la technologie – moteurs, matériaux, systèmes, etc. Il collabore régulièrement à plusieurs publications françaises et américaines. Il a rejoint Aerobuzz, en octobre 2009. Thierry Dubois, couvre notamment les hélicoptères civils et l’aviation d’affaires, ainsi que tous les sujets techniques.

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