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Il y a 130 ans s’envolait Clément Ader

Le 9 octobre 1890, l'avion Eole (Avion I) de l'ingénieur français Clément Ader a décollé du parc du château d'Armainvilliers, près de Paris, sur une distance d'environ 50 mètres et une hauteur d'environ 20 centimètres.

9.10.2020

L'envol de l'Eole de Clément Ader, le 9 octobre 1890, vu par Albert Brenet. © Collection Jean Molveau

Le premier envol de Clément Ader (1841-1925) peut-il être considéré comme le premier vol de l’Humanité ? Tout dépend de quel côté de l’Atlantique, cette question est posée. Quoi qu’il en soit, l’envol de l’Eole, le 9 octobre 1890,  est généralement accepté par les historiens bien qu’il ne soit pas officiellement enregistré, comme le fait remarquer la Fédération aéronautique internationale, garante des premières et des records aéronautiques. Ader a affirmé qu’elle s’est déroulée devant des témoins et a relaté l’expérience dans un livre qu’il a publié plusieurs années plus tard, fait remarquer la FAI.

Profil de l’Eole de Clément Ader. © Collection Jean Molveau

Une grande chauffe-souris bleue

 

Ce vol amène certains à considérer Eole comme le tout premier avion. Mais d’autres ne partagent pas ce point de vue, arguant que l’appareil, bien que transportant un homme et s’étant élevé au-dessus du sol avec sa propre puissance (vapeur), ne donnait aucun moyen au pilote de contrôler la direction du vol. Quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir, on ne peut pas nier que la machine Eole est une pièce d’ingénierie fascinante qui compte parmi les nombreuses tentatives faites tout au long du 19ème siècle pour développer l’aviation plus lourde que l’air.

Le brevet de l’Eole de Clément Ader. © Collection Jean Molveau

Développé entre 1882 et 1889, Eole a été nommé en référence au dieu grec des vents, Eole. Comme une chauve-souris géante, il avait deux ailes de 14 mètres chacune qui pouvaient être articulées par une structure en bois recouverte de soie. Le pilote était situé à l’arrière de l’avion. Contrairement à de nombreuses machines volantes anciennes, Eole n’était pas conçue pour battre des ailes, mais était propulsé par la vapeur, qui actionnait une hélice à quatre pales en bambou à l’avant de l’avion. L’avion entier, pilote compris, pesait 300 kg.

Et le tout est un « avion »

Le vol d’Eole en 1890 a suscité l’intérêt de l’armée française, qui a commandé un avion plus puissant, ce qui a conduit à la construction de Zéphyr (Avion II) et d’Aquilon (Avion III). Les vols d’essai de l’Avion III L’Eole, le Zéphyr et l’Aquilon sont appelés Avion du mot latin avis (oiseau). ont été effectués en 1897 et ont réussi à quitter le sol à plusieurs reprises. Cependant, les résultats n’ont pas été assez convaincants ; le ministère français de la guerre a cessé de financer Ader, l’obligeant à abandonner le développement de ses prototypes. Ader a abandonné ses recherches. D’autres les ont poursuivies ailleurs. 130 ans plus tard, la France continue de jouer un rôle de premier plan dans le développement de l’aviation. L’avion n’a pas dit son dernier mot !

 

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12 commentaires

  • Remi

    Les frères Wright n’ont pas fait voler un engin avec sa propre puissance, mais avec l’aide d’une catapulte.

    • Jean-Mi

      Avant de mettre des roues au Flyer en 1910, les frères Wright ont volé sans catapulte dès 1903 à Kitty Hawk, en décollant depuis un rail (court) face à un fort vent. Lequel rail était posé à flanc de dune en légère descente, la ou des roues ne fonctionnent pas.
      Lors de leurs essais à Dayton en 1905, pour s’affranchir du terrain plat et voler même sans vent, ils ont ajouté une catapulte, en effet. Mais avec un bon vent de face, ils volaient même sur le plat (il y a des témoins). Catapulte avec laquelle ils sont venu en France en 1908. Devant le tollé général, ils ont fini par se passer de la catapulte, en doublant tout simplement la longueur du rail. Ils n’avaient toujours pas de roue à l’époque.
      Le Flyer a toujours été capable de voler sur sa propre puissance, avec l’aide de la météo et malgré son moteur poussif. Ce qui ne veut pas dire que ça montait fort…

      • stanloc

        Pour moi la bonne question à se poser c’est pourquoi ces précurseurs d’après vous sont-ils venus en FRANCE (imaginez à l’époque avec leur aéroplane) pour développer leurs essais ? et en conséquence je retiens que la France est le berceau de l’aviation indiscutablement

      • Jean-Mi

        Je vous conseille fortement la lecture du livre « les Frères Wright et la France ». Il répondra largement à vos questions car il traite justement de ce sujet !
        http://www.livre-aviation.com/LES-FRERES-WRIGHT-ET-LA-FRANCE-p-11617-c-1100_1102.html#FP
        Les frères Wright mettent au point leur machine en 1905 à Dayton, puis cherchent à la vendre à fort prix en cachant tout ! Ils ne volent plus, ne montrent rien, font taire les bavard, etc…
        Coincés par l’évolution de l’aviation en France et par la réputation d’affabulateurs qui apparait, ils n’ont d’autre choix que de venir en France fin 1907 pour négocier les contrats (étatiques !) sur place et montrer ENSUITE leur machine, au Mans.
        La démonstration du Mans est imparable : malgré l’absence d’évolution depuis 2 ans, leur machine est très loin devant tout le monde !
        Farman passe le premier km le 13 janvier 1908 alors que Wilbur Wright est déjà à Paris et sait faire tellement mieux (plus d’une heure de vol, 50km), sans vouloir le montrer !
        C’est ainsi que les frères Wright se sont fait doubler et n’ont jamais pu vendre leur machine…
        A avoir les yeux plus gros que le ventre…

  • Walter

    IL y a un parc et un monument à son nom à Muret, à côté de Toulouse.

  • OUI, CLEMENT ADER A INVENTE ET BREVETE LE MOT AVION.

  • Bernard

    Clément Ader, même s’il n’a pas réalisé un vol transcontinental… Aura prouvé que l’on peut faire voler de manière autonome « un plus lourd que l’air ». Nous lui devons en partie notre savoir faire en aéronautique.
    Les critiques des écologistes concernant la pollution engendrée par l’aviation me laisse pantois… Combien de ces gens là ont profité et profitent toujours de ce mode de transport qui jusqu’à il y a quelques mois était porteur d’emplois et d’espoir ?…

  • Thierry

    Voici un rappel historique qui aurait toute sa place dans le débat « pro-con » qui apparait au sujet de l’aviation . Parmi les radicolos qui en appellent à la fin de l’aviation il pourrait se trouver quelque fanatique extrémiste prêt à déboulonner la statut de Clément Ader ( existe t elle quelque part ? ce grand homme a été oublié et bien peu soutenu ) .

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