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Le Lockheed S-3B Viking rend les armes

L’US Navy annonce le retrait de service de ses derniers Lockheed S-3B Viking. Un avion discret et pourtant remarquablement polyvalent, qui reste pour l’heure sans véritable remplaçant.

Le Viking est entré en service en 1974, en remplacement du Grumman S-2 Tracker.

Le Viking est entré en service en 1974, en remplacement du Grumman S-2 Tracker.

L’appareil avait quitté les unités de combat et le pont des porte-avions depuis 2009. Mais trois exemplaires volaient encore depuis cette date au sein du VX30 Air Test and Evaluation Squadron de Point Mugu en Californie. Leur mission, sans gloire, consistait à « blanchir » « Blanchir » signifie en l’occurrence, s’assurer que les zones sont dégagées de tout trafic. les zones d’essais en mer. Sur ces trois avions, un premier avait été retiré du service en novembre dernier et les deux autres viennent à leur tour de quitter l’uniforme. La NASA, toujours à l’affut de bonnes affaires, en a toutefois récupéré un. L’autre est parti pour un stockage longue durée. Il ne va pas s’y ennuyer, puisqu’il y va retrouver environ 90 de ses petits camarades…

Après celle des Tomcat, Intruder et autres Prowler Le Prowler reste en service pour quelques années encore sous les couleurs de l’US Marines Corps. , la mise à la retraite du Viking est une étape de plus dans la mutation de l’aviation embarquée américaine. Tous les avions spécialisés qui assurèrent son hégémonie dès la fin des années 70 sont à présent remplacés sur les ponts d’envol par un cortège uniformément gris et déprimant de F/A-18 Hornet et Super Hornet.
Le Viking est entré en service en 1974, en remplacement du Grumman S-2 Tracker.
Bon d’accord, les porte-avions de 100.000 tonnes et 10 milliards de dollars ne sont pas fait pour se marrer… Seule l’efficacité compte. Mais même de ce point de vue là, la fin du Viking n’a pas été une bonne nouvelle pour la Navy. Comme dans le cas du Tomcat ou de l’Intruder, le biréacteur de Lockheed n’a pas été véritablement remplacé et son départ a laissé des trous dans la raquette des porte-avions…
Dans ses dernières années, le Viking avait reçu le camouflage gris uniforme devenu la norme sur les porte-avions. Sic transit gloria mundi…
Le Viking est entré en service en 1974, en remplacement du Grumman S-2 Tracker. Au cahier des charges net et précis de la Navy, Lockheed a apporté des réponses claires et sans fioritures. Le Viking n’est pas un avion de course mais il est solide, avec du volume à bord, taillé pour patrouiller longtemps, optimisé pour la mission anti sous-marine (ASM) qui lui est demandée. Quatre hommes à bord, une soute pouvant accueillir torpilles, mines et bombes, des lance bouées, une perche MAD Détecteur d’anomalie magnétique, pour la détection de sous-marins en plongée., une belle voilure repliable, deux réacteurs à double flux synonymes d’excellente autonomie… Le Viking est un véritable avion de patrouille maritime, solide et compétent, hargneux quand il le faut. Un Breguet Atlantique embarqué sur porte-avions en somme.
21 novembre 1972 sur le terrain de Palmdale (Californie) : le premier prototype du S-3A prend l’air pour son vol inaugural. L’avion très compact, avec une dérive généreusement dimensionnée !
Au cours des années 90, la fin de la menace soviétique se traduit par une disparition des sous-marins rouges des océans. Le Viking perd de son intérêt juge la Navy, qui offre à l’avion de nouvelles missions : attaque à la mer et contre la terre avec des missiles sous les ailes (Harpoon anti-navire, Maverick et même missiles de croisière…). Le Viking fera le coup de feu contre l’Irak dès 1991. Une partie des appareils est utilisée comme ravitailleurs et 18 sont transformés en avion d’écoute électronique. Une fois de plus le Viking assure la mission grâce à son autonomie et son volume interne, synonyme de polyvalence.
Deux appareils de la VS-22, dernière flottille embarquée équipée du Viking, font la démonstration de la capacité de ravitaillement en vol.
La suite on la connaît : la Navy se recentre depuis dix ans sur les Hornet et Super Hornet, bons en tout mais excellents en rien, au rayon d’action notoirement insuffisant. La lutte anti sous-marine de la flotte est intégralement confiée aux hélicoptères, à la charge utile, à la vitesse et au rayon d’action sans commune mesure avec ce que pouvait offrir le Viking. A l’heure où les sous-marinades reprennent du poil de la bête dans le monde entier, et particulièrement en Asie où se concentrent les ennemis potentiels des Etats-Unis, l’US Navy a de bonnes raisons de regretter son petit biréacteur…

Frédéric Lert

A propos de Frédéric Lert

Journaliste et photographe, Frédéric Lert est spécialisé dans les questions aéronautiques et de défense. Il a signé une vingtaine de livres sous son nom ou en collaboration. Il a rejoint Aerobuzz en juin 2011. Au sein de la rédaction, Frédéric Lert est le spécialiste Défense.
Journaliste chez Aerobuzz.fr

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