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La direction d’Air France court-circuite les syndicats

Le président d’Air France, Jean-Marc Janaillac, a décidé de lancer une consultation auprès des salariés. Il invite l’ensemble du personnel de la compagnie à se prononcer sur l’accord proposé le 16 avril 2018 et rejeté par l’intersyndicale.

21.04.2018

Le Président d’Air France, Jean-Marc Janaillac affirme que le conflit social a déjà couté 220 millions d’euros à la compagnie. © Air France

« Je ne peux accepter le gâchis en cours alors même qu’une très large majorité des salariés est non-gréviste. Aussi, pour mettre fin à ce désastre et réengager l’ensemble de la compagnie dans la dynamique de croissance, j’appelle chacun à faire entendre sa voix. J’assumerai personnellement les conséquences de ce vote.», a déclaré Jean-Marc Janaillac, le 20 avril 2018, en annonçant son intention de lancer une vaste consultation de l’ensemble du personnel de la compagnie.

« Cette consultation par vote électronique débutera le 26 avril et se terminera début mai. Elle invitera l’ensemble des salariés de la compagnie à se prononcer sur l’accord proposé le 16 avril 2018. », explique Air France dans un communiqué de presse. Cette décision fait suite au refus des syndicats de signer l’accord proposé par la direction et qui portait sur des augmentations générales de salaire de 7% sur 4 ans, s’ajoutant aux augmentations individuelles. Les syndicats exigent 6% immédiatement.

Après neuf jours de grèves et alors que deux journées supplémentaires sont annoncées pour la semaine à venir (23 et 24 avril 2018), le président d’Air France joue son va-tout, en court-circuitant les syndicats, pour lancer cette vase consultation. Il mise sur le fait que la majorité du personnel n’est pas gréviste. Il assume le risque d’un référendum qui tournerait pas pour lui…

Le 19 avril, l’intersyndicale estimait qu’elle était en passe de faire fléchir la direction. Les syndicats ne sont pas seulement court-circuités. Leur manque de réaction à l’annonce de la consultation, semble démontrer qu’ils ont, aussi, été pris de court.

Gil Roy

 

 

A propos de Gil Roy

chez Aerobuzz.fr
Gil Roy a fondé Aerobuzz.fr en 2009. Journaliste professionnel depuis 1981, son expertise dans les domaines de l’aviation générale, du transport aérien et des problématiques du développement durable l’amène à intervenir fréquemment dans diverses publications spécialisées et grand-public (Air & Cosmos, l’Express, Aviasport… ). Il est le rédacteur en chef d’Aerobuzz et l’auteur de 7 livres. Gil Roy a reçu le Prix littéraire de l'Aéro-Club de France. Il est titulaire de la Médaille de l'Aéronautique.

13 commentaires

  • Tango Papa

    Les salaires brut dépendent de la machine et de l’ancienneté. Il n’y a pas de prime à part le 13eme mois.
    Si on veut comparer avec d’autres compagnies comme fait monsieur Janaillac, comparons ce qui est comparable, c’est à dire les salaires nets. Mais si on veut encore aller plus loin, parlons de ce qui reste après impôts.
    Les Pilotes d’Air France ne sont pas malheureux, mais pourquoi les montrer à la vindicte populaire. Ils ont travaillé pour arriver où ils sont. Les concours étaient ouverts à tout le monde..
    Toutes les remarques abjectes ne sont que le fait de jaloux qui n’ont pas eu le courage ou les moyens de faire ce qu’il fallait pour arriver où sont arrivés les Pilotes d’Air France.

    • Alban

      Il n’y a pas de vindicte populaire, il y a surtout de plus en plus de gens qui sont scandalisés que des commandants de bord aussi bien payés chez Air France osent faire la grève pour demander une augmentation.
      Cela est parfaitement indécent, beaucoup d’autres pilotes civils gagnent beaucoup moins que vous, et je ne parle pas des pilotes militaires qui font souvent un métier plus difficile et dangereux que le votre.
      Eux n’ont pas le comité d’entreprise, les passages quasi gratuits pour leur famille et tant d’autres avantages.
      Air France était une belle boite, où les gens qui rentraient comme pilotes étaient fiers d’appartenir à la Compagnie nationale.
      Maintenant les pilotes rentrent pour faire du fric, c’est navrant.
      Vautour 33.

      • Tango Papa

        Cela fait 35 ans que je suis pilote à Air France, 26 ans que je suis CDB, mais quand c’est trop, c’est trop. Je ne fais pas grève parce que j’ai le respect de mes stagiaires. Mais la critique est aisée. Je le dis, nos salaires sont confortables mais est une raison pour ne pas se défendre et accepter de ne pas toucher les fruits des efforts que l’on fait depuis bien longtemps pendant que nos dirigeants, eux profitent de ces efforts pour s’augmenter.
        Je pose la question. Mettez vous à notre place et que feriez vous?
        L’herbe est toujours plus verte dans le pré d’à coté. Le problème, c’est que vous aimeriez bien être à notre place et que vous n’y êtes pas et la jalousie s’en mêle.

  • Segaud

    Je pense que c’est bien joué, car les syndicats décident pour une majorité qui n’est pas d’accord obligatoirement sur tous les points.
    Il y a aussi un ego sur dimensionné de certains, qui se croient capables d’être khalif à la place du khalif ! !!!
    Il est logique que les résultats soient bons pour obtenir une augmentation substantielle. On prend l’exemple de LH à qui mieux-mieux mais ils font des bénéfices largement plus conséquents que nous et le personnel n’est augmenté que sous réserve de résultats ! !!!
    Mais ça nos chers syndicats ne le précisent pas…..

  • Jean-Louis Chollet

    Bien vu, Arès…

    Bleu, Blanc, rouge.

    Les années se suivent et l’on peut dire que, sur certains points, elles se ressemblent. Pour sortir de l’impasse, le PDG du groupe Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, joue son va-tout. Il a décidé de consulter par référendum tous les salariés de la compagnie tricolore sur la dernière proposition d’accord pluriannuel faite par la direction. Dans le cas d’une défaite, il démissionnera. Le seul précédent dans l’histoire de la Compagnie nationale : Christian Blanc, en 1997.
    Voilà un bref résumé de ce qui s’est passé au cours de cette année où Air France était à deux doigts de disparaître.

    Bleu. A la fin du printemps, malgré les incertitudes sur le système des licences européennes, et donc sur l’avenir de la profession, le ciel de l’été aéronautique s’annonçait relativement bleu, sinon serein. Les navigants employés sur le marché du travail français voyaient se dessiner un paysage économique stable, porteur d’emplois où la construction concurrentielle saine laissait entrevoir la possibilité pour tous de “voler un jour sur Concorde”. C’était la fin des “grands” et des “petits” navigants d’origines différentes, par ailleurs tous égaux devant la sécurité. C’était aussi l’occasion de « remettre les aiguilles à l’heure » en valorisant des navigants, acteurs de l’entreprise, conscients et responsables de son développement et de son avenir économique.

    Blanc, Christian. L’artisan de la plus grande mutation du transport aérien français depuis cinquante ans. La privatisation d’Air France… quarante neuf pour cent du capital pour les employés de la Compagnie. Cela voulait dire une implication forte et dans tous les cas, la prise en main des destinées de l’entreprise. C’était le début d’une nouvelle grande aventure et le moyen pour chaque navigant de révéler mieux encore ses compétences d’acteur économique. C’était une chance pour tous à un moment où les entrepreneurs de notre pays s’engagent et se responsabilisent pour survivre. Voler de ses propres ailes devenait une réalité et un exemple, pour une fois venu d’en haut. C’était enfin la preuve que le bon sens n’avait pas de couleur dominante et en l’occurrence, Blanc ne voulait pas dire neutre.

    Rouge. C’est la couleur des fanions qui flottent sur les avions immobilisés sur le parking. C’est surtout, dans l’aviation comme partout, la couleur caractéristique des signaux d’arrêt ou de danger. C’est toujours celle que l’on réserve au mot “stop”. C’est aussi, virant au rouge, stoppé net, l’espoir de voir se dessiner un paysage aéronautique français structuré, (petites et grandes compagnies se partagent les compétences, court, moyen et long-courriers), stimulé, (les navigants sont des acteurs de l’entreprise) et concurrentiel, (l’offre française est armée sur tous les créneaux pour répondre à la demande). C’est en tout cas, dans le ciel européen, la probable fragilisation des emplois navigants nationaux qui n’auront d’autre choix de carrière que les “régionales” qui resteront, et les compagnies étrangères qui ne vont pas tarder à s’installer. Car enfin, il faut le dire, c’est un feu vert que l’on vient de leur donner.

    Jean-Louis Chollet
    Editorial du magazine “Navigants” – Numéro d’Octobre 1997

  • Voltige 19

    Si des pilotes d’Air France lisent ceci, et je comprends qu’il y en a, qu’ils veuillent bien nous dévoiler le salaire :
    Brut annuel d’un cdb long courrier
    Brut annuel d’un cdb court et moyen courrier (si différent)
    plus l’ajout des primes si elles existent.
    Merci.

    • Jean-Mi

      Je ne crois pas que les valeurs de ces salaires exposée ici hors contexte veuillent dire quelque chose. Ce sera juste polémique et ça prendra le pas sur le coté informatif.

      Pilote de ligne, c’est de très grosses responsabilités (la vie des 300 personnes assises derrière la cloison, le responsabilité de l’équipage, de la machine à plusieurs centaine de millions, etc…). Tout cela à un prix, celui de l’engagement entre autre. Demandez à Sully…

      Mais comme partout, il faut savoir être raisonnable et pondéré. Les pilotes actionnaires d’Air France sont censés être les mieux placé pour ça non ? Scier la branche sur laquelle on est assis, ça vous dit rien ?

      Le syndicalisme est une très belle chose si elle est bien utilisée et représentative de la grande majorité des employés. Aujourd’hui la plupart des syndicalistes se voient comme un contre-pouvoir uniquement, juste là pour contester et demander toujours plus en donnant toujours moins. La CGT est le plus caricatural des syndicats et bizarrement n’a jamais eu moins d’adhérents que maintenant ! Ils ont toujours le pouvoir de nuisance par contre, je le sais car je prends les transport en communs parisiens tous les jours. D’autres syndicats travaillent dans l’intérêt des travailleurs ET de la boite les faisant travailler. C’est très minoritaire et généralement local. Dommage, car ça me parait la définition d’un bon syndicat.

      Le patron d’Air France à bien raison de demander l’avis personnel de chacun dans la boite ! Ce sera au moins réaliste si tout le monde joue le jeu honnêtement. Il a des c… et il met son poste en jeu, lui.

  • Alkan

    Bon courage, Monsieur.
    Vous aurez fait tout ce que vous aurez pu, malheureusement l’irresponsabilité totale et l’égoïsme forcené des syndicalistes que vous avez en face sont plus forts que vous.
    Parions que l’histoire d’Air France s’écrira : 1933 – 2022

  • Tango Papa

    Et il va se prendre une veste car si les salariés lisent bien le texte, ils vont se faire rouler dans la farine.
    L’augmentation promise de 7% entre 2019 et 2021 est sujette à des bénéfices annuels supérieurs à 200 millions d’€uros. Si ce n’est pas le cas, pas d’augmentations. Les dirigeants sont suffisamment forts pour manipuler les chiffres et faire en sorte que les résultats ne soient pas là. CQFD.

    • Philippe

      Et ça vous choque qu’on augmente les salaires seulement si il y a de bons résultats ? Avez vous déjà gère une entreprise ? Il y a que l état qui peut augmenter les salaires des fonctionnaires car su besoin il augmente les impôts. Mais dans une entreprise commercial ce n’est pas comme ça. Réveillez vous. Sinon si c’est mieux payé chez luft, BA etc pourquoi ne pas y aller. Si vous n’êtes pas satisfait de votre travail, cherchez ailleurs. Beaucoup de gens font ça. La majorité des personnes qui évoluent en responsabilité et salaire le font en changeant de boîte. SNCF et consort même combat changez de boîte si vous n’êtes plus satisfaits des conditions.

  • Pierre

    voilà un dirigeant qui en a !
    Attendons la suite…

  • Arès

    Jean-Marc Janaillac comme Christian Blanc en son temps. L’histoire est un éternel recommencement.

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