Le Port de Dunkerque a attribué à Technip Energies un site industriel dans le nord de la France qui, une fois la coentreprise Rebound finalisée, lui offrira des avantages logistiques pour le transport des matières premières et des produits, ainsi qu’une procédure d'obtention des permis simplifiée. © Technip Energies
Technip Energies, Airbus, Safran et Tereos s'allient pour développer un projet de production de carburants d’aviation durables en France. Objectif : produire 160.000 tonnes par an de SAF utilisant la technologie « Alcohol-to-Jet ». Lieu d’implantation : le Port de Dunkerque.
Comme en réponse à l’IATA (Association internationale du transport aérien) qui lors de son congrès annuel qui vient de se tenir à Rio-de-Janeiro a dénoncé les retards pris par la filière embryonnaire de production de carburant d’aviation durable (SAF), Technip Energies, Airbus, Safran et Tereos ont rendu public leur accord en vue de créer Rebound, une coentreprise destinée à développer un projet de production de SAF à l’échelle industrielle au Port de Dunkerque, dans le nord de la France.
Le projet s’appuiera sur la technologie « Alcohol-to-Jet (AtJ) » pour produire environ 160.000 tonnes de SAF par an, ce qui en ferait l’une des plus grandes usines de ce type en Europe. Cette technologie permet de convertir de l’éthanol avancé, produit à partir de résidus agricoles et forestiers, en carburants d’aviation durables pouvant être mélangés au kérosène conventionnel et utilisés dans les moteurs et les avions existants.
Pour l’heure, les partenaires s’engagent uniquement à financer la phase de développement du projet, qui comprend les études d’ingénierie et les autres activités nécessaires pour considérer une décision finale d’investissement (FID). Les prochaines étapes comprennent la sélection du bailleur de licence technologique, les démarches d’obtention de permis, le lancement des activités d’ingénierie d’avant-projet détaillée (pré-FEED et FEED), la finalisation des accords d’approvisionnement en matières premières et de vente de SAF, ainsi que la sécurisation du financement nécessaire à la construction de l’usine. On est encore loin du premier coup de pioche sur le site du port de Dunkerque. Et encore plus loin de la première goutte de SAF…
Selon l’IATA, la production mondiale de SAF devrait atteindre environ 2,4 millions de tonnes en 2026, ce qui ne représente que 0,8 % de la consommation de carburant d’aviation, pour un coût de 4,3 milliards de dollars pour les compagnies aériennes. Pour mémoire, l’objectif que s’est fixé le transport aérien mondial est de 65% en 2050.