La culture de la sécurité dans l’aviation civile s’appuie sur les expériences des pilotes, des contrôleurs de la circulation aérienne et du personnel au sol. © Swiss
L’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) vient de publier la statistique 2025 des accidents d’aviation. Il porte sur presque 15.000 comptes rendus d’incidents, soit 20% de plus qu'en 2024. Ce chiffre tiré de l’Annual Safety Report (ASR) qui vient de paraître est nettement supérieur à ceux des années précédentes.
L’Annual Safety Report (ASR) que vient de rendre public l’OFAC fait ressortir une augmentation de près de 20 % par rapport à l’année dernière des incidents dans l’aviation commerciale et dans l’aviation de plaisance. Il ne faudrait pas en déduire pour autant une aggravation de la sécurité de l’aviation civile en Suisse. L’OFAC aurait plutôt tendance à resserrer les mailles de son filet. « Le nombre de comptes rendus d’incidents est en augmentation depuis 2019. Cette évolution s’explique essentiellement par une meilleure culture de compte rendu, la croissance du trafic aérien commercial et la multiplication des zones de conflit dans le monde qui s’accompagne d’une recrudescence des perturbations des signaux GPS. », affirme l’OFAC.
C’est ainsi qu’en 2025, il note davantage d’avions éraflés ; davantage de pilotes et de personnel au sol qui commettent des erreurs en circulant sur des aérodromes de plus en plus complexes et de plus en plus à l’étroit ; davantage d’erreurs de chargement des avions ; davantage de quasi-collisions en vol ; davantage de pénétrations non autorisées dans l’espace aérien pour cause de nouvelles structures d’espace aérien ; davantage de conflits entre avions, hélicoptères et drones ; davantage de perturbations du signal GPS ; davantage de cas de passagers agressifs ou violents ; moins de cas d’éblouissement par pointeur laser ; encore et toujours des hélicoptères pris dans des câbles ; moins d’accidents dans le cadre du travail aérien héliporté ; davantage de comptes rendus concernant la navigabilité des aéronefs ; aucun accident mortel dans l’aviation commerciale ; quatre accidents pour un total de six morts dans l’aviation de plaisance ; un mort et un blessé dans un accident d’hélicoptère survenu dans le cadre d’activités agricoles.
Au final, au cours de l’année 2025, l’OFAC a ainsi traité un total de 14.972 incidents. Ce travail de fond méticuleux permet d’identifier des tendances nouvelles et des dérives insidieuses. Chacun sait qu’un accident n’est jamais lié à une cause unique, mais à la résultante d’une succession d’incidents. Nous avons tous en mémoire les plaques de Reason. Quand elles s’alignent, des incidents anodins, si tant est de qualifier ainsi le moindre incident en aviation, peuvent conduire au drame.
La culture de la sécurité dans l’aviation civile s’appuie sur les expériences des pilotes, des contrôleurs de la circulation aérienne et du personnel au sol. Encore faut-il permettre la remontée d’information afin de pouvoir élaborer des mesures de prévention et des recommandations. Ce que fait l’OFAC avec son Annual Safety Report 2025.
5 commentaires
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@anemometrix
Pour chaque exemples que vous citez, les bureaux d’enquête concernés ont trouvé une accumulation de plusieurs causes à l’origine de ces drames. C’est le principe des plaques de Reason évoqué dans l’article.
Le pneu du Concorde a éclaté après avoir roulé sur une plaque métallique qui s’est détachée d’un DC-10. Cette plaque s’est avérée non conforme, et la propreté de la piste s’est avérée insuffisament contrôlée. Si l’on ajoute le fait que l’appareil était en surcharge ça nous fait trois causes qui se sont accumulées, tels des trous qui se sont alignés sur les plaques de Reason.
Oui, on peut le voir comme cela.
Ou : un pneu qui éclate sur Concorde entraine l’accident. Pas de solutions acceptables : l’avion retiré du service.
La façon dont on peut le voir c’est surtout la façon dont ça s’est passé : Des solutions techniques ont été trouvées (pneu Radial Air X de Michelin et pose d’un revêtement protecteur en kevlar dans les réservoirs d’ailes) qui ont permis de remettre l’avion en exploitation. Quelques mois plus tard, arrêt des vols pour cause de pertes financières trop élevés.
Ce que vous dites est tout à fait juste. Ce que je dis c’est qu’un pneu qui a éclaté sur Concorde a entrainé l’accident, voulant par là faire ressortir le lien causal direct. Si l’avion roule sur un bout de ferraille et le pneu n’éclate pas, il n’y a pas d’accident.
Vous dites : « Chacun sait qu’un accident n’est jamais lié à une cause unique, mais à la résultante d’une succession d’incidents »
Pas vraiment, un seul facteur a entraîné des catastrophe historiques :
• Ténérife, collision entre 2 B747 sur la piste. Le Captain du KLM a décollé sans autorisation alors qu’un B 747 Pan Am était sur la piste. (1 facteur humain, pas de facteur technique)
• Concorde : un pneu éclate, perce le réservoir, un moteur puis un deuxième en feu : l’accident.
• German wing : un copilote au cerveau en vrac se barricade dans le cockpit et précipite l’Airbus A320 contre la montagne (1 facteur humain, pas de facteur technique)
• Rio-Paris AF447 : Si protection anti-décrochage, pas d’accident. Pas de protection anti-décrochage, l’A330 a décroché. (1 seul facteur technique aurait évité l’accident).