Accueil » Le MD 315 « Flamant » ou le premier avion de Marcel Dassault

Le MD 315 « Flamant » ou le premier avion de Marcel Dassault

Le 6 juillet 1947 marque la renaissance du constructeur Marcel Bloch sous son nouveau nom. Ce jour-là, à Mérignac, le prototype du MD315 Flamant effectue son premier vol. C’était il y a 70 ans…

8.07.2017

Le MD 311 01 Flamant, en vol. © Dassault Aviation

Le 20 juin 1947, un imposant convoi quitte les bâtiments de ce qu’on appelait encore les « usines Bloch », rue Roustaing à Talence, le long de la voie de chemin de fer. Destination ? Le terrain d’aviation de Mérignac. A bord des camions, les sous-ensembles d’un avion qui va permettre à un avionneur français de renaître.

De MB à MD

En une quinzaine de jours, le prototype 01 du MD 315 est assemblé dans un hangar d’Air France. Le premier vol a lieu le 6 juillet 1947. Un jour à marquer d’une pierre blanche, la date de naissance de la deuxième vie aéronautique de Marcel Bloch devenu Dassault.

MD 315 Flamant, en vol. © Dassault Aviation

Le MD 315 est une aventure comme seul Marcel Dassault est capable d’en écrire et surtout d’en vivre. Quelques mois avant lui, il y a eu un premier projet d’avion de transport, de liaison et d’entrainement imaginé par le génial avionneur tout juste rentré de Büchenwald où les nazis l’ont déporté. Mais cet appareil, le MB 303, n’a pas répondu aux attentes du service technique du Ministère de l’Air. Sous-motorisé, il montre vite ses limites.

325 Flamant produits

Retour à la planche à dessin et achat, sur fonds propres, de deux moteurs SNECMA-Argus S12. Des V12 qui équipaient également les Fw-189 de la Luftwaffe. Et puis ce qui est bien plus qu’un « changement de marque », c’est aussi une totale renaissance, celle de Marcel Dassault qui succède à Marcel Bloch, le « MD » succédant à « MB ». Le MD 315 surclasse totalement son concurrent SO-94 « Corse » et, fin 1947, la production d’une première série de MD 315 et de ses dérivés, MD 311 et 312, est lancée. Pas moins de 325 seront fabriqués pour l’Armée de l’Air, les derniers appareils encore en service ne prenant leur retraite qu’en 1982.

MD 312 Flamant en vol. © Dassault Aviation

Établissement Dassault Aviation à Bordeaux-Mérignac. Les chaines d’assemblage des MD 315 Flamant et MD 450 Ouragan. © Dassault Aviation

Dans « Cent ans d’aviation en Gironde, 1910-2010 », René Lemaire raconte que ce sont les services de l’Armée de l’Air qui baptisèrent « Flamant » le premier des avions Dassault. L’avionneur n’aimait guère donner des noms de volatiles à ses avions, mais le client était Roi, n’est ce pas… Le « Falcon » puis le « Milan » (le Mirage III suisse) furent les deux seuls autres exemples.

La flamme de la Résistance

Marcel Dassault préférait les « Mystère », « Mirage », « Mercure », « Rafale » et avant tous ceux-là les « Ouragan » : puissance, vitesse, furtivité, mythe et magie. Mais le « Flamant », né de la géniale association de Marcel Dassault et de Paul Déplante, le directeur technique de l’usine de Talence, demeure, dans la légende de l’avionneur, le signe définitif du retour à la vie aéronautique.

Falcon 7X et MD 312 Flamant en vol au-dessus des Alpes. © Dassault Aviation – A. Paringaux

Sept décennies plus tard, presque jour pour jour après cette renaissance, ce n’est pas seulement l’image du bel échassier rose qui illustre l’épopée de la famille des MD 315, c’est celle de la « flamme de la Résistance » qui ne devait jamais s’éteindre, comme le martelait le général de Gaulle dans son fameux « Appel ». Une flamme qui fit que Bloch devint Dassault, de Talence à Mérignac, il y a tout juste 70 ans.

Gosia Petaux

13 commentaires

  • Philouze44

    Un lien indispensable :
    http://www.avionsanciens.net/
    super asso visiblement, super page facebook, superbes photos, un régal

  • Bastanc6

    J’ai appris mon métier de mécano sur le moteur de cet avion (vraiment le début).
    Renault 12S V12 inversé..

  • Marc DUPONT

    Le MD-312 « Flamant » fait partie de mes souvenirs de jeunesse, dans les années 60/70. Originaire de Bourges, j’ai vu ces avions survoler la ville quasiment au quotidien, lors de vols d’entraînement entre l’aéroport de Bourges et la base-école d’Avord. « J’entends » encore le bruit caractéristique de leurs moteurs … Ils terminèrent leur longue carrière vers 1985, remplacés par les EMB-121 « Xingu ».

  • RENAUDIN

    L’armée de l’air en possédaient aussi , et il était très agréable de voler
    avec cet avion,

  • Willywill

    « L’avionneur n’aimait guère donner des noms de volatiles à ses avions, mais le client était Roi, n’est ce pas… Le « Falcon » »
    Falcon n’est-il pas le nom destiné à « américanisé » le nom du Mystère suite à l’ouverture de l’usine au États-Unis en vue de la fabrication de Mystère/Falcon 20?

    Merci de vos lumières.

    Willywill

    • Raoul Volfoni

      Vers 63/64 Les usines de Dassault ont eu la visite de Charles Lindbergh, il cherchait pour le compte de la PAN AM un appareil de la catégorie du Mystère 20. Un premier contrat de 40 appareils fut signé demandant quelques adaptation de l’avion pour le marché US. Le nom de Mystère mal adapté pour les Américains (phonétiquement on le confond avec « Mister ») fut remplacé pour cette série par Falcon. L’appellation Falcon se généralisera ensuite. Fedex fut le second client de référence aux Usa, la compagnie de fret express mondialement connue crée par Fred Smith en 71 à débuté ses premiers vols commerciaux avec le petit biréacteur Français, elle en exploitera plus de 30 pendant plus de 10 ans avant de passer aux gros porteurs. Tout part d’une idée qu’il disait, sacré Marcel !

  • Yhierry

    L’aéronavale aussi possédait des MD312 pour les vols de liaison.Particularités de cet avion la commande du pas d’hélice était électrique quand au chauffage c’était un brûleur placé à l’arrière,il fallait choisir entre dégivrer l’empennage ou chauffer la cabine pas toujours capitonné.

    • Ankou35

      Effectivement l’escadrille 11S de l’aéronavale intégrée à la BAN Dugny exploitait au milieu des années 60 des MD 312 des MS Paris , un DC4; en sus un SO30P qu’il a fallu « crasher » sur la piste de crash de Creil après une révision où lors du vol d’éssai le train a refusé de sortir !

    • Jacques

      Oui, et dans le même compartiment que Le brûleur il y avait un urinoir rustique! 🙂

  • Vitet

    La France 3ième grand constructeur derrière les Etat-unis et la Russie

  • albert06

    Bonjour à tous, juste une question le 1er Flamant MD 315 et alors les MD 312 et MD 311 sont venu après ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.