En l’espace de quelques mois, la prolifération des drones a bouleversé la conception du combat. L’adaptation des armées, habituées à travailler sur le temps long, n’est pas simple… © DGA EV
Conséquence du conflit avec l’Iran, la Direction Générale de l’Armement communique sur les développements en cours en matière de lutte anti-drone. Plusieurs pistes sont explorées.
A rebours de ce que disent les cartes de géographie, l’Iran semble aujourd’hui plus proche de la France que l’Ukraine. Du moins du point de vue de la menace que font poser les drones, puisque les forces armées françaises sont directement impliquées dans la lutte anti-drone (LAD) depuis leurs bases au Moyen-Orient (Emirats Arabes Unis et Jordanie).
A la suite de l’Ukraine qui fait depuis plusieurs années la course en tête, les Etats-Unis se sont engagés fortement récemment dans le domaine de la LAD sur le champ de bataille. Si elle ne bénéficie pas des budgets colossaux américains, la France semble mettre à son tour la marche avant dans cette discipline.
Le centre expert référent de la lutte anti-drone (CeRLAD) de la DGA a testé la capacité de l’hélicoptère Tigre à détruire des engins de type Shahed avec son canon de 30 mm. Des Tigre sont aujourd’hui déployés au Moyen-Orient, complétant les Rafale dans les missions de défense aérienne. DGA Essais en vol (EV) annonce par ailleurs avoir développé une capacité d’échange de données tactiques (liaison L16) entre les Tigre et la « bulle opérationnelle » où ils sont déployés. DGA EV et le CeRLAD ont d’autre part réalisé et testé avec succès l’intégration du missile air-air Mistral 3 sur le Tigre pour augmenter ses capacités d’interception.
Le CeRLAD oeuvre également à l’évaluation des systèmes de drones intercepteurs de drones proposés par plusieurs industriels, notamment français. « Il a ainsi organisé dans des délais très courts des créneaux d’essais multiples au sein de DGA Essais de missiles, tant sur son site des Landes que sur son site du Levant, pour mettre à l’épreuve les équipements proposés » précise le communiqué de presse de la DGA. En parallèle, la DGA a lancé les travaux industriels de développement d’une version anti-drone de la roquette guidée laser, pour des applications sous Rafale et sous Tigre. Les premiers tirs d’essais en vol sont prévus d’ici fin juin, pour un déploiement rapide dans les forces.
La DGA précise enfin que « des ingénieurs de l’armement ont aussi été projetés en renfort des forces françaises en opérations extérieures, pour assurer, jusqu’aux théâtres d’opérations, la montée en puissance et la mise en place de ces solutions innovantes ».