
A la veille de tout grand rendez-vous commercial, il est de bon ton, du côté des industriels, de rassurer les marchés que l’avenir du transport aérien s’annonce radieux. A la veille de l’ouverture du salon aéronautique de Farnborough (20-24 juillet 2026), Airbus ne coupe pas à la règle. Pour les vingt ans à venir, l’avionneur européen confirme que le monde va avoir besoin de vraiment beaucoup d’avions.
En attendant l’estimation de Boeing, Airbus table sur un total de 42.060. La prévision est précise et se décompose en 19.820 avions neufs pour remplacer les existants, et 22.240 de plus pour faire face à une augmentation annuelle de 3,9% du trafic passagers. L’étude prospective 2026 d’Airbus s’inscrit dans le sillage des précédentes, et d’une certaine manière ne fait que confirmer ce que les constructeurs aéronautiques ne cessent de répéter, salon après salon. Les deux avionneurs ne sont jamais très loin l’un de l’autre.
Airbus s’appuie sur la conviction des géographes et des sociologues que l’urbanisation se déplacera vers des villes plus petites. « Le nombre de petites agglomérations augmentera presque trois fois plus vite que celui des grandes, reflétant l’évolution des populations urbaines et l’essor de la diaspora. » D’où le développement des liaisons aériennes entre villes de petite et moyenne taille, et donc le besoin accru de modules de capacité moyenne. Pas de problème, il y a l’A220. Et pour les destinations plus lointaines, « l’autonomie accrue des avions ouvre également de nouvelles liaisons, permettant des connexions directes. » et de citer « Lisbonne-Recife avec l’A321neo, Dublin-Nashville avec l’A321XLR, Alger-Kuala Lumpur avec l’A330neo et Taipei-Phoenix avec l’A350. » Airbus a réponse à tout !
Il faut reconnaître que l’avionneur européen a construit au fil des décennies la gamme la plus complète et la plus segmentée capable de répondre à tous les besoins du transport aérien mondial. Vous pouvez chercher les trous dans la raquette, il n’y en a pas, et le tamis est de plus en plus fin. L’offre répond à la demande, voire l’anticipe… Pour preuve, son carnet de commandes de quelques 9.000 appareils.
D’ici 2045, Airbus prévoit que la part de la flotte mondiale composée d’avions de dernière génération atteindra près de 100 %, contre environ 39 % en 2026. L’avionneur prend la peine de faire remarquer que ces nouveaux avions seront « moins polluants ». « Polluants » étant écrit en gras. L’avionneur ne parle pas de « zéro émissions » comme il avait pris l’habitude de le faire ces dernières mais d’avions « moins polluants ». Avant, il était impossible d’échapper au couplet sur la décarbonation du transport aérien. Les temps changent. L’opinion publique à d’autres soucis.