A bonne distance des flammes l'A400M inaugure en France son rôle de renfort dans la lutte contre les feux de forêt. ©BFM TV
Sur ordre du premier ministre, l’A400M de l’Armée de l’Air équipé d'une soute de largage Airbus a effectué son premier largage opérationnel ce 25 juillet 2026, près d'un feu réel, dans la région de Bordeaux. Il était en cours d’expérimentation à Orléans depuis le début de la semaine.
La soute expérimentale Airbus, n’existant aujourd’hui qu’à un seul exemplaire, permettant d’adapter l’A400M à la lutte contre les feux de forêt a été acheminée par un A400M français depuis Séville en début de semaine et l’équipage de marque A400M du Centre d’expertise aérienne militaire (CEAM) a procédé jeudi et vendredi à seulement quatre largages d’essais au dessus de la base beauceronne. Pensée pour être un outil d’ultime recourt, elle peut contenir 20 000 litres de retardant, épandus par gravité par la rampe arrière de l’avion (soit autant que les deux Dash, Milan 78 et 80 qui ont multiplié les largages dans ce secteur cette même après-midi). L’Espagne s’est prononcée en faveur de l’acquisition de ce kit spécial pour ses A400M au début de l’été 2026.
Ce samedi, Matignon a annoncé l’engagement immédiat de l’appareil sur le front de flammes qui se rapproche de l’agglomération bordelaise, entraînant l’évacuation de plusieurs communes. Plus de 30 000 ha ont été détruits en un peu plus de 48 heures dans la région, plus de 200 000 personnes évacuées et des centaines de maisons détruites.
L’A400M, au départ de la base de Cazaux, a procédé vers 17h10 à un largage de 20 tonnes de retardant près de Lacanau, guidé par un Beech 200 « Bengale » de la Sécurité Civile, lui-même piloté par des aviateurs très expérimentés sur feux, pour soulager la charge de travail de l’équipage de l’armée de l’air, notamment en raison d’une visibilité médiocre due aux fumées.

Ce premier largage expérimental quasi-opérationnel d’un A400M sur un vrai feu, mais à bonne distance des flammes, est une étape du processus de validation du système. Mais comme ça a été souligné par de nombreux intervenants, dont plusieurs pilotes de Canadair, ce n’est pas une opération miracle, il ne s’agit pas d’un moyen d’intervention décisive, juste un renfort dont il faudra apprécier le rôle et ses capacités à sa juste valeur. La situation sur les feux reste au delà du stade inquiétant du Var à la Gironde.