Malgré près de 40 ans d’existence et plus de 2.000 kits commercialisés, Murphy Aircraft semble aujourd’hui en bout de piste : usine vidée, équipements vendus aux enchères, insolvabilité et avenir du support technique désormais incertain. © Murphy Aircraft
Constructeur canadien d’avions en kits, Murphy Aircraft arrive en bout de piste. Insolvable, privé de son outil industriel après une vente aux enchères ordonnée pour loyers impayés, il laisse en suspens commandes, pièces, support technique et propriété intellectuelle.
À Chilliwack, en Colombie-Britannique, l’usine Murphy Aircraft s’est vidée. Le 22 octobre, quelque 170 lots ont été dispersés aux enchères : découpe laser, presse plieuse de 400 tonnes, stocks d’aluminium, flotteurs et même des kits inachevés. L’opération avait été engagée par le propriétaire des locaux après plusieurs mois de loyers impayés. Selon l’organisateur, « tout a été vendu ». Autrement dit, une éventuelle relance devrait presque repartir de zéro.
Malheureusement, c’est l’épilogue d’une lente dégradation. Fondé en 1985, Murphy s’était fait connaître avec le Renegade, puis les Rebel, Elite et Moose, robustes machines de voyage et de brousse vendues en kit. Plus de 2.000 kits ont été commercialisés en 40 ans. Cependant, dès 2014, son fondateur, Darryl Murphy, cherchait un repreneur.

La solution semblait être venue en 2022 avec le rachat par le conglomérat chinois Duofu Group. La production avait alors été suspendue le temps de moderniser les dossiers de construction et les méthodes industrielles, avant une relance annoncée des Rebel, Moose, Elite et le Radical, un 2+2 places STOL très marginal et inabouti industriellement.

En 2025, Murphy affichait encore son optimisme au salon Sun’N Fun mais quelques mois plus tard, fournisseurs et prestataires auraient commencé à exiger des paiements d’avance.
La situation s’est brutalement aggravée en 2026, alors que Duofu rencontrait lui-même des problèmes de liquidité et que son fondateur, Hu Xingrong, était placé sous « mesures coercitives » par les autorités chinoises. Le soutien financier à Murphy aurait alors cessé.
Reste une question : qui récupérera les plans et droits des avions, et surtout qui accompagnera les constructeurs et propriétaires existants ? Aucune reprise n’est annoncée. Cette fois, la messe semble bien dite…