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Les taxis volants rattrapés par un puissant vortex financier
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Le trou d'air du chinois eHang en bourse. Une large redistribution des cartes chez les investisseurs de Joby au détriment de Toyota. Un fonds d'investissement luxembourgeois impliqué dans le rachat d'Ampaire (propulsion hybride en retrofit). L'ancien PDG de Boeing qui tente de fédérer des petits investisseurs. Lilium qui peine à lever plusieurs centaines de millions. Côté Mobilité Aérienne Urbaine, l'actualité est d'abord financière.

24.02.2021

Alors que les start up font la course pour valider leurs projets de taxis volants, les financiers sont à la manoeuvre. © Joby Aviation

En début de semaine eHang, le constructeur chinois, a vu sa valeur chuter au NASDAQ de plus de 60%, après que Wolfpack, un cabinet d'analyse financière réputé ait dénoncé "une promotion boursière élaborée, construite sur des revenus largement fabriqués, basés sur des contrats de vente fictifs avec un client qui nous semble plus intéressé à aider à gonfler la valeur de son investissement dans la société". https://www.aerobuzz.fr/aviation-generale/le-nevada-ouvre-son-espace-au/ Wolfpack pointe des "ventes fictives" de l'eHang-216 (le drone biplace piloté à distance par...

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A propos de Gilles Rosenberger

chez Aerobuzz.fr
Gilles Rosenberger se définit comme ingénieur (Socata, Aircelle, Safran, GECI-Skylander, Thales, Airbus-Voltair), pilote (aile delta, planeur et avion monomoteur) et entrepreneur. Il a découvert la propulsion électrique avec son implication dans le projet eFAN d'Airbus. En 2018, avec 5 autres spécialistes issus de Safran, Boeing, Valeo ou, comme lui, d'Airbus, il fonde Faraday Aerospace, une start up dédiée à la propulsion électrique et hybride pour aéronefs certifiés.

12 commentaires

  • BOUR Michel

    Bonjour
    Par habitude je suis pour le progrès et pas pervers. Mais j’attend de voir l’incivilité terrestre accéder à l’espace aérien ! Le triste spectacle des piétons recevant sur la tête et ramassant les morceaux des OVNIP (objet volant non identifié parasite). Pour ma part, la COVID m’a montré le niveau de non respect des règles établies.
    Ouf ! je quitte la ville et part dans la France profonde ou les valeurs ne sont pas encore trop dégradées.
    Bon courage.
    Cordialement
    Michel BOUR

  • Jerome

    D’un point de vue technique, tous ces VTOL me paraissent extrêmement marginaux.
    Des calculs élémentaires montrent que, avec les capacités massiques des batteries existantes ou atteignables dans un avenir prévisible, l’énorme consommation en vol stationnaire limitera celui-ci à quelques minutes. Quid en cas d’urgence? De plus la configuration multi-rotor envisagée par la plupart de ces projets me parait très dangereuse, car une panne sur un seul rotor ne sera pas compensable et entrainera une perte de contrôle complète en vol stationnaire.
    Je rejoins donc bien l’opinion « piège à gogos » exprimée par plusieurs ici.

  • djac64
    djac64

    Tout ça me rappelle l’époque des VLJ (Very Light Jets) au début des années 2000…

    Vous vous souvenez d’Eclipse, dont les derniers soubresauts remontent à il n’y a pas si longtemps, de Safire et même du Mustang de Cessna ou du Phenom 100 d’Embraer. ? De tous ces projets de petits jets dont le ciel devait être noirci (Eclipse prévoyait une production de 1500 avions par an, Embraer 200 Phenom 100 par an !), seul le Phenom 100 est encore produit… 6 ont été livrés en 2020…

    Des milliards de dollars ont été engloutis dans ces projets qui avaient pu voir le jour grâce à la mise au point de petits moteurs par Williams, puis par Pratt & Whitney, mais il n’y avait tout simplement pas de marché pour ce type de produit.

    Les projets d’aéro-mobilité urbaine me semblent prendre le même chemin et ce d’autant plus qu’ils se heurtent à des obstacles techniques, réglementaires et d’acceptabilité que les VLJ n’avaient pas eu à affronter, eux qui ont tout de même disparu des écrans radar aussi vite qu’ils y étaient apparus…

  • Jean Baptiste Berger

    Ce qui est certain c’est que ces taxis ne pourront fonctionner qu’en réseau et en mode « automatique ».
    On va sûrement voir très prochainement ce genre de réseaux se généraliser pour des véhicules non-volants, parce qu’évoluer en deux dimensions est plus simple et moins incertain en matière de sécurité.
    Aussi parce que les véhicules « terrestres » automatiques existent déjà (Tesla).
    Prédire quand un tel réseau (aérien) sera exploitable est peut-être difficile aujourd’hui, par contre je ne vois pas comment on pourrait, un jour, y échapper (ou ne pas en profiter…).
    Dans le même temps, j’imagine que ces véhicules (terrestres ou volant) ne pourront jamais être utilisés de façon manuelle par des privés comme les conducteurs des actuelles voitures.
    Une nouvelle privation de liberté individuelle à apréhender, de nouvelles restrictions de l’espace aérien à prévoir (la couche zéro/500 ft neutralisée interdira le vol de nos jodels…au profit de ces drones de transport et de livraison de marchandise).
    Mais on commence à nous y habituer…les grenouilles seront cuites avant d’avoir compris qu’on allumait le feu sous la casserole !
    Le monde d’après….

  • thierry

    Je ne serais pas étonné que tous ces projets de science fiction apparaissent un jour comme de vastes pièges à gogo pour ratisser les économies des investisseurs crédules. Quand on voit qu’il faut plus d’un an pour que les autorités de sécurité aériennes autorisent la reprise des vols d’un appareil quasiment « classique » comme le Boeing 737 Neo , qui vole avec 2 pilotes et des moteurs à kérozène , comment peut on croire qu’ on verrait bientôt voler des myriades de taxis volants sans ailes , à moteurs électriques, qui voleraient sans pilote dans moins de 10 ans ? Dans le genre « aspirateur à économies des petits-porteurs » le Canal de Suez, le Tunnel sous la Manche, avaient au moins le mérite d’être réalistes et facilement appréhendables . Avec les taxis volants on est passé dans une autre ère, basée uniquement sur « du vent » , qui n’est pas forcément généré par des rotors électriques ,mais plutôt par des avides financiers retors ……

    • Michael

      Exact, tous ces « projets » de sience fiction vont retomber comme un souffle au fromage. En parlant de fromage, il faudrait peut etre se souvenir de la fable du corbeau et du renard avec les investisseurs dans le role du fromage …

    • Jean-Louis Chollet

      Merci, Thierry.
      Je partage sans réserve votre position. On peut lui ajouter, également, les problèmes immenses de circulation « aéro-urbaine », verticale et horizontale, qui se poseraient dans le cas d’une mise en place d’un « réseau » efficace avec des « stations » qui desserviraient le plan horizontal au niveau des immeubles, voire même plus haut (et dans ce cas, des problèmes fonciers à envisager pour autoriser des circulation exogènes). Pour résumer, il me semble que l’on raisonne aujourd’hui en termes aviation et financiers, mais absolument pas en termes urbanistiques et privatifs.

      • Jean-Louis Chollet

        … Correction inachevée…
        … et on oublie le foncier, au sol qui, en milieu urbain, risque d’être particulièrement insurmontable ! Quand on sait ce qu’il en a couté – et en coûte toujours – au TGV pour traverser des pâturages, on imagine mal une mise en service prochaine…

      • patrico

        Pas du tout d accord avec vous, il y a en France une multitude d Aérodromes aux abords des villes qui sont soit à la peine, soit condamnés par les écolos et autres résidents qui veulent tondre tranquille, soit convoités, pour ne pas dire condamnés par les pouvoirs publics et autres financiers, et qui plus est abandonnés par leurs propres féderations ! Quel malheur, de voir disparaitre ces beaux dimanches au bord des pistes herbées a regarder les Paras, les radio commandes, les jodels et autres , les hélicos, les baptemes de l air….c était avant , et demain on recréra des passions et des zones pour les news aéro vtol, stol…. on dira c est tres bien ….Merci à vous tous .

    • Gilles Rosenberger
      Gilles Rosenberger

      @ Thierry.
      Jusqu’à une date récente, point de petits porteurs potentiellement exposés.
      Quand Toyota investit 380 M$, nulle « veuve de Carpentras » exposée.
      D’ailleurs la class action lancée contre eHANG s’adresse aux porteurs qui ont perdu plus de 100.000 $. C’est à dire, pas vraiment tout le monde …
      Cela risque de changer avec les SPAC, cet outil de financement qui déferle sur l’innovation (et pas uniquement de l’aviation).
      Par contre je pense que vous avez complètement raison sur les plannings annoncés et votre comparaison avec la remise en vol du 737 me semble pertinente dans les pays occidentaux. Peut-être un peu moins avec un pays sans grande culture aéronautique et fort demande d’image … qui pourrait accorder des certifications ou des autorisations de vol dans des conditions questionnables.
      Volontairement, je n’ai cité personne !

      • mikeul

        Bonjour
        D accord pour les SPAC mais
        Je ne comprends pas votre position sur les pays occidentaux : n est ce pas l EASA qui est l autorité de certif qui sur ces propres critères a autorisé la remise en vol du MAX. Cette même EASA a défini pour les futurs eVTOL un cadre pour que Lilium, Volocopter… puisse développer leur projet. Est ce que pour vous ce cadre qui à ma connaissance n est pas encore traduit en bases de certif n est pas pertinent? Après y aura t il un marché et une acceptation par le immense majorité de la population qui ne pourra payer ce type de transport VIP est une autre histoire. Merci pour votre éclairage d’ expert certif avion électrique.

  • Joel

    Il va falloir en vendre des unités pour amortir tous ces investissements et à quel prix ! A moins que ce ne soient purement que les coups financiers. Je dis ça, je dis rien…

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