Une rencontre, pas si rare, au bord des pistes de l'aéroport de Toulon. © F. Marsaly
L'association Aéro Biodiversité célèbre ses 10 ans et quelques dizaines de plateformes aéronautiques visitées régulièrement pour dresser l'inventaire des espèces présentes. L'analyse de la faune et de la flore des terrains aéronautiques français révèle bien des surprises et une tendance étonnante.
Les quelques 500 aérodromes français couvrent environ 337 km2 d’espaces verts puisqu’en moyenne, 73% de la superficie des plateformes sont constituées de prairies, sans urbanisation ni agriculture intensive, ni utilisation de produits phytosanitaires. En 10 ans de visites régulières sur quelques 130 aéroports et aérodromes, dont 81 plateformes partenaires de l’association qui font l’objet d’un suivi scientifique particulier (18 nouvelles plateformes en 2025), les données collectées relatives aux espèces présentes ont démontré que, de façon assez surprenante, les emprises aéronautiques sont désormais des refuges pour nombre d’espèces en danger : « un tiers des espèces observées figurent sur la liste rouge nationale. » Il s’agit bien souvent d’oiseaux qui trouvent là un habitat préservé. Néanmoins l’association constate que le déclin de certaines populations d’espèces communes s’accentue autant sur les aérodromes qu’à l’échelle du territoire.
Et ces situations sont évolutives. Les campagnes menées par l’association, en métropole mais aussi en outre-mer en 2025, ont permis d’observer des espèces qui n’avaient encore pas été vues sur des aérodromes ce qui tendrait à confirmer cette fonction refuge des plateformes où les activités aériennes ne sont pas toujours intenses.

© F. Marsaly
Néanmoins, la cohabitation entre les espèces protégées et l’activité aéronautique est un enjeu d’importance puisqu’il faut concilier le respect de la nature et le maintien de la sécurité des vols. Un point clé où l’association, épaulée par un comité scientifique indépendant, apporte également son expertise.
Dans la conclusion générale de son rapport annuel, Aéro Biodiversité rappelle que « les aéroports français s’affirment comme des laboratoires de résilience écologique prouvant qu’un activité industrielle peut activement contribuer à la sauvegarde du vivant… » Un discours qui prend à rebrousse-poil bien des idées reçues !