
Et si, après cet été torride, on causait un peu d’Oncle Donald pour se remettre en jambe ? Personne ne sait vraiment si le 47ème président des Etats-Unis sait nager, mais tout ce qui touche à l’US Navy le passionne. Dès son premier mandat, il avait demandé à celle-ci de revenir aux catapultes à vapeur et aux monte-charges hydrauliques sur les porte-avions. L’électrification totale ne lui plaisait pas. Puis il avait oublié le sujet, ou du moins c’est ce qu’avait espéré la Navy…
Hélas pour elle, le dit sujet est remonté à la surface à la vitesse d’un U-Boot qui chasse ses ballasts. Le 7 août dernier, l’ordre est tombé en pleine torpeur estivale : le leader maximo a donné 60 jours à ses amiraux pour proposer un plan permettant de modifier l’USS Doris Miller, le quatrième porte avions de la classe Ford, et y remplacer l’électromagnétisme par la vapeur et l’hydraulique. Et les six porte-avions qui suivront devront également être modifiés en conséquence.
Le casse-tête à venir est phénoménal : bien que la construction du Doris Miller ait déjà débuté, il va falloir revoir en profondeur sa conception, la question de sa génération de puissance à bord et donc jusqu’aux installations propulsives. On ne fabrique pas de la vapeur comme on fabrique de l’électricité ou des scoubidous…
Avis de tempête donc sur la flotte des porte-avions US qui n’avait vraiment pas besoin de ça par les temps qui courent… On pensait alors que l’US Navy avait touché le fond, comme un sous-marin nucléaire d’attaque à l’affut devant Mourmansk. Mais pas du tout, car le Mozart de l’architecture navale veillait au grain. Sous la mèche blonde se cache un esthète qui éprouve un certain mal-être quand il observe le profil de la classe USS Ford, avec son ilot compact et très reculé.
Un choix qui n’a rien d’esthétique, mais qui doit tout à de savants calculs sur le placement des ascenseurs, le mouvement des avions sur le pont et in fine la capacité à lancer et recevoir le plus grand nombre possible d’appareils dans le minimum de temps. Last but not least, du placement de l’ilot dépend également la forme et l’intensité des turbulences de sillage que doivent affronter les pilotes à l’appontage.
On savait tout cela mais on avait oublié l’essentiel que le Genghis Khan des bonnes manières vient de nous rappeler : ainsi dessiné, les navires de la classe Ford ressemblent de moins en moins à leurs glorieux prédécesseurs de la guerre du Pacifique. Difficile de le nier… Il va donc falloir là aussi corriger le tir les p’tits gars ! Du côté de la Navy, on ferme les écoutilles, on borde les voiles, on saisine les avions… En résumé, on se prépare au gros temps !