La « Cigogne de Guynemer » devenu symbole et logo d’Hispano-Suiza. Sculpture originale de François Bazin dans les années 30 dont il est possible, aujourd'hui, d'acquérir une reproduction. © F.Bazin
Insigne des plus glorieuses escadrilles de la chasse française pendant la Grande Guerre, emblème de l'Alsace qu'il fallait rependre aux "Boches", la cigogne demeure un emblème majeur de l'aviation française au point d'être reprise par l'industrie et d'inspirer des artistes.
Ce n’est qu’en juin ou juillet 1916 que les premières cigognes sont apparues sur les flancs des chasseurs de l’escadrille 3 alors stationnée à Cachy près d’Amiens. La première fut dessinée par Tavernier, peintre animalier et ancien décorateur de l’Opéra-comique, et adaptée par l’adjudant Borzecki de l’escadrille C.43 lorsqu’il fabriqua le premier pochoir destiné à uniformiser le nouvel insigne sur la toile des Nieuport. Quelques mois plus tard, Antonin Brocard, à la tête du Groupe de Chasse 12 rassemblant alors plusieurs escadrilles autour de la SPA 3, décida que toutes les unités sous son commandement devraient adopter l’échassier comme insigne.

Ensuite dotées de chasseurs SPAD VII, les escadrilles du groupe des Cigognes devinrent le fer de lance de la chasse française. Moins manœuvrant que le très léger chasseur Nieuport, le SPAD imposa sa vitesse et sa puissance à l’aviation du Kaiser. Il devait ses qualités à son moteur, un V8 développé par la société Hispano-Suiza et développant 150 ch puis amélioré tout au long du conflit pour dépasser les 200 ch. Ces évolutions, un pilote, en particulier, les accompagna étroitement. En contact régulier avec Louis Béchereau de la SPAD et Marc Birkigt d’Hispano-Suiza, Georges Guynemer, l’as des as de l’époque, s’impliqua dans l’amélioration des avions sur lesquels ils combattait.

© F. Marsaly
Symbole entré dans la légende, la cigogne aux ailes basses de la SPA 3, dite « Cigogne de Guynemer » fut, en conséquence, adoptée par Hispano-Suiza alors même qu’elle continuait d’être arborée par les chasseurs de l’armée de l’air, du SPAD au Rafale (*) en passant par le MS.406, le Spitfire, le Mirage III ou le Mirage 2000.

Cette fameuse Cigogne inspira aussi des artistes. L’un d’eux fut François Bazin (1987-1956) sculpteur de l’époque « Art-Déco », lui-même ancien de l’escadrille 164, qui produisit des œuvres notamment pour Hispano-Suiza. Aujourd’hui, sa petite fille se lance dans un travail mémoriel autour de l’œuvre de son grand-père et a lancé une maison d’édition « F. Bazin » proposant des reproductions des œuvres originelles dont la fameuse Cigogne, en différents matériaux et tailles.


© F.Bazin
Des croquis aéronautiques font également l’objet d’un tirage limité. Parmi les œuvres de Bazin ainsi reproduites, on retrouve aussi la statue créée à l’occasion de la très célèbre expédition Citroën « la Croisière Noire. » Ces reproductions font l’objet de tirages très limités, ce qui en explique le coût, (a partir de 2400 € pour les petits formats).

(*) Bien qu’aucun Rafale n’a encore été affecté aux Cigognes, qui continuent de voler sur Mirage 2000-5 à Luxeuil, le Rafale C01 arbore cet insigne depuis qu’il a été repeint en gris et exposé au « Balargone » à Paris.