« Herman the German » de Gerhard Neumann. Le choix de Frédéric Lert. © Aerobuzz.fr
« Herman the German » de Gerhard Neumann. Le choix de Frédéric Lert. Avec comme sous-titre « just lucky I guess », ce livre est le récit haut en couleurs et souvent très drôle de la vie d’un jeune mécanicien allemand devenu par la force des événements et le triomphe de sa volonté l’un des dirigeants de General Electric. Pas étonnant que le spécialiste Défense d’Aerobuzz.fr ait accroché !
Qui connait Gerhard Neumann ? Plus grand monde sans doute, ce qui rend d’autant plus intéressante la lecture de son live de souvenirs, publié en 1984. Gerhard Neumann est né allemand à Frankfort sur l’Oder en 1917 et il mort américain en 1997 aux Etats-Unis. Entre ces deux dates, il a connu une vie très riche, faite de travail et d’excellence technique, avec un destin qui s’est forgé tout au long de la seconde guerre mondiale, de Hong Kong à la Birmanie, avant de s’achever comme vice président de General Electric.
D’une vie d’aventure, il reste ce récit passionnant que l’on trouve facilement sur les sites de vente en ligne. Certes c’est en anglais, mais puisque la nation se saigne aux quatre veines pour fournir une instruction correcte à sa jeunesse, il serait incompréhensible que les 90% de bacheliers des classes d’âge récentes ne disposent des 500 mots de vocabulaire nécessaires à cette lecture.
Très jeune apprenti dans un garage automobile en Allemagne, élève brillant dans un lycée technique, puis mécanicien auto à Hong Kong, Gerhard Neumann se retrouve par la force du destin et de ses choix à faire le coup de feu contre les Japonais aux côtés des SAS britanniques. Il est alors toujours citoyen allemand, ce qui ne l’empêche pas de rencontrer le général Chennault qui porte les Tigres Volants à bout de bras. Le courant passe entre les deux hommes et voilà notre allemand bombardé sergent chef de l’US Army, spécialiste du P-40, responsable technique des Tigres Volants en Chine.
Le récit de sa mission à Washington, il est alors envoyé par Chennault pour demander du soutien auprès du général Donovan, patron de l’OSS (ancêtre de la CIA), vaut son pesant de Bratwurst Le FBI attend de pied ferme ce citoyen allemand qui descend d’un C-54 gouvernemental et Neumann échappe in extremis aux menottes en faisant intervenir le général Donovan ! Notre homme recevra finalement la nationalité américaine par décision du Congrès en 1946.
L’aventure se poursuit après-guerre au sein de l’industrie aéronautique américaine, au coeur de la course à la puissance des réacteurs. Vice-président de General Electric, Gerhard Neumann sera l’interlocuteur de René Ravaud, directeur de la SNCEMA de 1971 à 1982, lors des négociations portant sur la création de CFM.
C’est à ces deux hommes et à leur complicité que le groupe Safran doit aujourd’hui sa place parmi les quatre premiers motoristes mondiaux, en grande partie grâce à la réussite du CFM56. Et on rappellera au passage que René Ravaud a fait l’objet d’une biographie, passionnante quoique sans doute plus austère, signée Félix Torres (First Edition). Deux conseils de lecture pour le prix de rien, c’est le cadeau du jour d‘Aerobuzz.