
Je vous écris de Lacanau-Lac, à deux pas du Porge où, entre le 22 et le 24 juillet 2026, 183 familles ont perdu leurs logements, dévorés par un mégafeu. Aujourd’hui, ils se sentent abandonnés, une seconde fois, par les pouvoirs publics. Leur désespoir est compréhensible. Ils restent convaincus que le pire aurait pu être évité si les moyens aériens nécessaires avaient été mobilisés. Les sinistrés du Porge attendent des réponses. Ils ne sont pas les seuls.
A situation exceptionnelle, moyens exceptionnels. Jamais une telle armada aérienne n’a été mobilisée sur des feux de forêts en France. Plusieurs dizaines d’avions et d’hélicoptères ont été appelés en renfort au fil de l’été. Leur entrée en scène s’est souvent faite en direct sur les chaines d’info en continu. Elles étaient toutes là pour le premier largage « opérationnel » d’un A400M. Le Chinook australien, arrivé à Mérignac, dans la soute d’un C-17 de la Royal Australian Air Force, a lui aussi, connu son moment de gloire médiatique. Du grand spectacle.
Devant ce déploiement de forces, les pilotes des bombardiers d’eau de la Sécurité Civile ont mis les pieds dans le plat en dénonçant les carences de la maintenance des Canadair. Certes, même au grand complet, la flotte des 12 Canadair CL-415 et des 8 Dash-8, n’aurait pas suffi. Mais, peut-être cela aurait-il permis de limiter les renforts qui ne vont pas manquer de présenter l’addition. Elle risque d’être lourde. Qui, à part la Cour des Comptes s’y intéressera alors ?
Pour éteindre la polémique allumée par les pilotes français de Canadair, le 27 juillet, en déplacement en Gironde, le président de la République a affirmé qu’ « on ne fait pas un retour d’expérience en plein milieu de la bataille ». Nous l’avons entendu, mais nous avons tout de même ouvert le réseau d’Aerobuzz.fr aux pilotes. Parce que nous sommes convaincus que lorsque le temps du retour d’expérience sera venu, outre les experts et les sinistrés du Porge, il n’y aura plus personne pour s’y intéresser… jusqu’au prochain mégafeu.