
Et bien pour une fois, je ne vais pas attendre le rapport d’enquête final. Ni même le rapport préliminaire, même s’il ne me faudrait attendre qu’un mois. Ce qui s’est passé dans ce Boeing 737-8 de FlyDubai est trop extraordinaire pour résister à la tentation. D’autant que tout s’est bien fini pour les 174 occupants du vol FZ1073, excepté pour les deux pilotes.
A chaque étape de ce drame qui s’est déclenché, le 30 septembre 2026, en croisière, dans le huis clos de ce Boeing de la filiale low cost du groupe Emirates, une action d’un des acteurs aurait dû entrainer la catastrophe. Mais cette fois-ci, les plaques de Reason se sont alignées à contre-sens. Le commandant de bord de nationalité indienne a résisté aux assauts de son copilote. Entre deux coups de couteau, il a réussi à déverrouiller la porte d’accès au cockpit. Premier trou.
Les passagers des premiers rangs qui avaient compris qu’il se passait quelque chose d’anormal dans le poste de pilotage se sont précipités à l’intérieur et ont neutralisé l’assaillant. Ils ont puisé dans les souvenirs de leur service militaire au sein de Tsahal, et dans ce qu’ils avaient sous la main, pour venir à bout du copilote. Ils l’ont ligoté avec les câbles des casques audio. Tous les Israéliens, quel que soit leur sexe, suivent une longue formation militaire, dans leur jeunesse. Deuxième trou.
Pendant que des passagers étaient en train de régler son compte au copilote, un autre passager a sauté sur le manche alors que le 737-8 plongeait vers le sol. Il n’était pas pilote et ses seules notions de pilotage, il les a acquises en regardant la série de documentaires franco-canadienne Mayday, Peur dans le ciel, réalisée par Bernard Vaillot. Après une chute de près de 4.500 mètres, le passager est parvenu à redresser l’avion. Troisième trou.
La violente ressource a couté une partie de son empennage au Boeing 737MAX-8. Malgré l’arrachement de la partie verticale mobile, l’avion est resté pilotable. Quatrième trou.
Il y avait à bord du vol FZ1073 qui reliait Dubaï à Tel Aviv, ce 30 septembre 2026, parmi les passagers, deux pilotes de la compagnie, chargés d’assurer le retour, au cas où le vol aurait été retardé. Ils ont ainsi pu prendre les commandes et poser l’avion. Cinquième trou.
En élaborant sa théorie qui se vérifie tous les jours, Reason avait-il imaginé que ses plaques pouvaient aussi s’aligner à l’envers ?Et même si tout s’est bien fini sur l’aéroport de Tabuk, dans le nord-est de l’Arabie Saoudite, le rapport des enquêteurs aéronautiques devrait contribuer à ce qu’un tel enchainement ne puisse pas se reproduire… même si l’on sait, maintenant, que la théorie de Reason fonctionne dans les deux sens.