Selon le cabinet Baines Simmons qui a réalisé cette étude pour le compte d’ECA, « cette enquête rend compte de la manière dont les pilotes européens vivent la gestion des risques liés à la fatigue dans la pratique. » © Gil Roy / Aerobuzz.fr
Plus de 3 pilotes de ligne sur 4 ont connu au moins un micro-sommeil lors du pilotage d'un avion au cours des 4 dernières semaines, mais à peine plus d'un sur trois le signale. C'est ce qui ressort d'une nouvelle enquête du cabinet de conseil en aviation réalisée auprès de 7.200 pilotes européens par Baines Simmons pour le compte de l’European Cockpit Association (ECA).
Alors que 76,8% des pilotes européens reconnaissent avoir connu au moins un micro sommeil lors du pilotage d’un avion au cours des 4 dernières semaines, seuls 37,2% déclarent signaler leur inaptitude ou leur fatigue, tandis que 24,2% confirment qu’ils ne le signalent pas et volent quand même en état de fatigue. De plus, dans leurs commentaires libres, 38,2% des pilotes font état d’une crainte de sanction ou de représailles de la part de la direction s’ils soumettent un rapport de fatigue tandis que d’autres indiquent avoir piloté en état de fatigue par crainte d’une réaction négative de la direction ou parce qu’ils ne voulaient pas attirer l’attention sur eux. Ces constats sont issus d’un rapport intitulé « Enquête sur la fatigue des pilotes européens », étude datée de 2026, et menée par le cabinet de conseil en aviation Baines Simmons auprès de 7.200 pilotes européens.
Pour la présidente de l’ECA, la capitaine Tanja Harter, ce rapport doit être reçu comme « un signal d’alarme », par les compagnies aériennes et l’EASA : « Il faut que quelque chose change dans la manière dont l’Europe aborde la fatigue des pilotes ». Pour le capitaine Coen George, membre du Conseil d’administration de l’ECA, « ce facteur de peur soulève des questions quant à la culture de sécurité au sein de certaines compagnies aériennes et à l’impact que cela peut avoir sur la sécurité car aucun pilote ne devrait voler lorsqu’il est fatigué ».
Le rapport intervient alors que l’EASA met la dernière main à sa meilleure stratégie d’intervention en matière de fatigue des équipages qui définit ses priorités pour les années à venir. Les recherches scientifiques menées par l’agence européenne elle-même ont déjà débouché sur des recommandations visant à modifier sa réglementation relative à la limitation du temps de vol.
Le rapport « Étude sur la fatigue des pilotes européens » – 2026