Porte arrière d'un DA40 d'après le SI de Diamond. L'ensemble de ces éléments doit être vérifié aux visites 100 h. © Diamond Aircraft
L'ouverture de la porte arrière en vol est un problème sans gravité, mais récurrent sur les Diamond D40. Après la CAA britannique et l'EASA, la FAA (Federal Aviation Administration) publie à son tour une consigne de navigabilité. Elle impose une inspection des verrous, l'installation de panonceaux et un ajout au manuel de vol. Près de 1.000 avions sont concernés aux USA.
Une porte qui s’ouvre en vol, cela arrive. Selon les avions, les conséquences ne sont pas les mêmes. Sur un Cessna 152, c’est un non-événement (la question étant plutôt de savoir si une porte peut rester fermée en vol). Sur un Boeing 737, c’est une urgence qui engage directement la sécurité. Quant au Diamond DA40, il se situe entre les deux. Si la porte d’accès aux sièges arrière se déverrouille, un crochet est censé la maintenir entrouverte. Il faut alors se poser sur le terrain adapté le plus proche. Mais dans certains cas, notamment au décollage, le crochet ne suffit pas à retenir la porte. Celle-ci peut alors s’arracher. Dans ce cas, elle risque de percuter la structure de l’appareil, notamment la profondeur, ce qui peut entraîner une perte de contrôle.
Le problème n’est pas nouveau. Diamond a modifié le design des fermetures de portes arrière à la suite d’incidents de ce type. Une consigne de navigabilité de 2010 (2010-0235R1 pour l’EASA) imposait le remplacement du crochet de sécurité des premiers DA40 et DA42 par le modèle actuel. À l’époque, en six ans, plus de trente portes avaient ainsi quitté leur avion.
Mais le nouveau crochet reste imparfait. Il est notamment vulnérable à la bonne volonté du passager. Selon Diamond, il est arrivé que la tentative de refermer la porte en vol provoque l’ouverture du crochet de sécurité et l’arrachement. L’événement est suffisamment récurrent pour que Diamond ait publié une information de service en 2024. Dans celle-ci, le constructeur rappelait le fonctionnement de l’alarme « DOOR OPEN » et des loquets. Il soulignait surtout la nécessité de ne jamais essayer de fermer une porte déverrouillée en vol.

En 2025, Diamond Aircraft a publié un bulletin de service obligatoire (MSB 40-103) concernant tous les DA40. Celui-ci impose une vérification en profondeur du système de verrouillage et du crochet de sécurité lors des visites 100 heures. Il précise aussi que la force nécessaire pour manipuler les loquets doit être comprise entre 1,8 et 6 kgf. Une résistance supérieure ou inférieure impose la révision du mécanisme.
De plus, il faut installer deux panonceaux. Le premier, sur le levier, rappelle de vérifier le bon verrouillage ; sa position le rend invisible lorsque les loquets sont en place. Le second avertit de ne toucher ni le levier de fermeture ni le crochet de sécurité en vol, même si la porte s’entrouvre. Enfin, un amendement du manuel de vol établit une check-list « porte ouverte en vol », qui impose le déroutement vers le terrain adapté le plus proche.
Transport Canada a dans la foulée fait de ce bulletin de service une consigne de navigabilité sous la référence CF-2025-30. L’EASA l’a reprise. La nouvelle consigne de navigabilité de la FAA, qui prendra effet le 7 décembre, s’appuie largement sur ces précédents. La FAA précise qu’elle concerne 987 DA40 immatriculés aux États-Unis. Elle estime également à 416 dollars par avion le coût du contrôle et de l’ajout des avertissements, sans compter les éventuelles réparations matérielles des verrous.
Notez que cette mesure est considérée comme temporaire, en attendant de comprendre la source exacte des ouvertures intempestives. La question de son application au DA42 reste également en suspens. La porte de celui-ci est identique, mais elle n’est pas directement dans le souffle des hélices. Elle est donc moins sujette aux risques d’arrachement.
Normalement, les DA40 européens sont déjà à jour. Cette extension aux États-Unis est donc surtout l’occasion de rappeler aux opérateurs de contrôler le bon état des mécanismes de fermeture. Quant aux pilotes, pensez à vérifier le verrouillage correct des portes et surtout à briefer vos passagers.