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Un ichneumon (guêpe de Darwin) pris dans le gicleur droit du Rotax 912 de HB-SDI. © SESE
De fortes vibrations sur un Diamond DV20 obligent l'instructeur à reprendre les commandes et à revenir se poser. Les enquêteurs du SESE trouvent un insecte dans le gicleur d'un carburateur. L'intrus a remonté la mise à l'air libre de la cuve. De quoi inciter tous les propriétaires de Rotax à vérifier la bonne installation des filtres…
Le 8 novembre 2024, le Diamond DV20 Katana immatriculé HB-SDI décolle d’Ecuvillens, en Suisse, pour un vol de prise en main. Environ deux minutes plus tard, alors qu’il passe 3700 ft d’altitude (1400 ft de hauteur), de fortes vibrations surviennent. L’instructeur reprend les commandes et réduit les gaz. Les vibrations s’arrêtent vers 1400 tr/min, mais réapparaissent dès qu’il augmente la puissance. Le réchauffage du carburateur n’y change rien. La puissance est insuffisante pour voler en palier, mais elle permet de ralentir la descente suffisamment pour revenir à Ecuvillens et atterrir normalement.
Le Service suisse d’enquête de sécurité (SESE) examine donc le moteur. Il trouve une guêpe de Darwin dans le gicleur du carburateur droit. Celle-ci n’obstrue pas totalement le gicleur : il délivre assez d’essence pour atteindre 1400 tr/min (régime hélice, correspondant à environ 3400 tr/min au moteur). Au-delà, le carburateur gauche fournit plus d’essence que le droit. Deux cylindres donnent une puissance supérieure aux deux autres, entraînant de puissantes vibrations.
En cherchant l’origine de l’insecte, le SESE constate que les mises à l’air libre des cuves des carburateurs sont reliées directement au boîtier de distribution d’air. Un insecte entrant dans celui-ci peut donc arriver directement dans la cuve d’un carburateur. Bien entendu, le filtre à air doit empêcher les intrusions, mais le circuit du réchauffage du carburateur le contourne. Réchauffe activée, la boîte à air peut donc laisser entrer un insecte ou avaler d’autres débris. Ceux-ci peuvent alors cheminer via les mises à l’air libre jusqu’aux cuves des carburateurs.

Rotax avait identifié ce risque en 2002. Un bulletin de service proposait l’installation d’un filtre entre boîtier de distribution et carburateur. Cependant, le schéma de montage le plaçait seulement sur les conduites de trop-plein. Les mises à l’air libre restaient donc ouvertes.
Le SESE émet deux recommandations de sécurité, une destinée à Rotax, l’autre aux constructeurs. Toutes deux visent à placer des filtres sur toutes les conduites menant aux cuves de carburateur. Diamond a publié un bulletin de service concernant l’installation d’un filtre transparent et Rotax doit mettre à jour son manuel d’installation.
Il est donc important de faire circuler l’information, notamment auprès des constructeurs amateurs et des propriétaires d’ULM. Le simple filtre à air du boîtier de distribution ne suffit pas. Il faut donc vérifier que toutes les conduites qui mènent au carburateur disposent de leurs propres filtres. En outre, pour limiter les risques, il est important de ne pas abuser du réchauffage du carburateur. Celui-ci ne doit servir que lorsque les conditions (et le manuel de vol) le demandent. En particulier, il faut bien penser à repousser la commande dès que l’appareil est au sol sur une trajectoire maîtrisée.