
Hâte de retrouver le parc des expositions de Friedrichshafen. De plonger dans cette 32ème édition du salon Aero qui s’annonce XXL. Les organisateurs ont réuni 850 exposants. Près de 100 de plus par rapport à 2025. C’est évidemment un nouveau record. Toujours plus d’ULM, d’avions, d’hélicoptères, de drones, de jets… Et sans doute encore plus de visiteurs que d’habitude.
Et toujours une majorité de pilotes de tous horizons qui prennent plaisir à se retrouver autour d’une passion partagée. Aero n’est pas un salon aéronautique comme les autres, c’est un bain de jouvence. On vient du monde entier pour y recharger ses accus. Entre les lourdeurs administratives et la pression économique, il n’est pas toujours facile de garder la foi. Heureusement, il y a Aero, et cela dure depuis 49 ans. Presque un demi-siècle !
Au début, Aero c’était une demi-douzaine de constructeurs de planeurs réunis en centre-ville de Friedrichshafen. Et puis le salon s’est ouvert à d’autres disciplines. Il a grandi. Il a emménagé dans un parc des expositions flambant neuf. Il est devenu annuel. Il s’est professionnalisé. Les vélivoles ont pris leurs distances.
Les constructeurs de planeurs n’ont pas lâché l’affaire. Ils gardent le contact en exposant un an sur deux. Du coup, pour les organisateurs, il y avait depuis plusieurs éditions, désormais, une année avec et une année sans. 2026 est une année sans les planeurs… Sans planeurs mais avec les jets d’affaires !
Au cours des dernières éditions, les gros turbopropulseurs et les petits jets ont spontanément pointé le bout de leur nez à Friedrichshafen, mais c’est en 2025 que le salon Aero a affiché son ouverture à l’aviation d’affaires. Avant même que le salon EBACE de Genève, le grand rendez-vous de l’aviation d’affaires programmé début juin 2026, ne jette l’éponge en début de semaine dernière, Friedrichshafen s’est placé comme une alternative. Il est désormais le seul rendez-vous de l’aviation d’affaires européenne. Plus de 400 journalistes ont été accrédités.
Dans l’urgence, les organisateurs allemands ont doublé la surface de l’exposition statique pour répondre aux demandes de dernière minute. Ils vont ainsi pouvoir accueillir de grands biréacteurs de dernière génération, des machines de rêve qui coutent le prix de plus de 1.000 ULM pendulaires comme ceux présentés dans les halls et qui sont devenus, au fil des éditions, les repères d’Aero. L’arrivée des bizjets va bousculer certaines habitudes. L’important est que chacun trouve sa place et ait toujours envie de venir à Friedrichshafen avec le même plaisir.
L’aviation aime cultiver ses différences, en oubliant trop souvent qu’elle constitue un tout. Avec Aero, elle a l’opportunité de prouver à l’ensemble de la filière que « ces différences sont autant de chances ».